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Dossier Mattiyahu · Ketubim Qadoshim — Édition La Voie
⚜ Chapitre V

Le contexte linguistique du Récit de Mattiyahu

Étude linguistique et documentaire
✦ ✦ ✦
I

Pourquoi le contexte linguistique est-il important ?

La Yehoudah du premier siècle était un milieu plurilingue. Comprendre quelles langues étaient employées, dans quels contextes, et par qui, est indispensable pour saisir certaines expressions, certains jeux de mots, certains glissements de sens et certaines tournures que l'on rencontre dans le Récit de Mattiyahu.

Cette pluralité linguistique explique également pourquoi certains passages semblent porter la marque d'une pensée ibri sous-jacente, même lorsqu'ils sont transmis en grec.

II

L'ibri

L'ibri est la langue du Tanakh, la langue dans laquelle le peuple de Yisra'el a reçu et transmis ses Écritures fondatrices. Son usage au premier siècle fait l'objet de discussions parmi les spécialistes.

Il est probable que l'ibri ait continué d'être lu dans les milieux savants et utilisé lors des lectures liturgiques. Son influence sur la pensée des auteurs des Ketubim Qadoshim est indéniable : même lorsqu'ils écrivent en grec, leur manière de structurer leurs idées, leurs images et leurs formules porte la marque de cette langue.

  • ·L'ibri est la langue de référence de toutes les citations du Tanakh dans le récit.
  • ·De nombreuses expressions du récit reflètent des tournures ibri caractéristiques.
  • ·L'Édition La Voie conserve les termes ibri essentiels dans leur forme translittérée pour préserver cette dimension.
  • ·Le Milôn La Voie constitue la référence officielle pour tous les termes ibri retenus dans cette édition.
III

L'araméen

L'araméen était la langue parlée couramment dans la vie quotidienne de la population de Yehoudah et de la Galilée au premier siècle. C'était la langue du marché, des échanges courants et, dans de nombreux milieux, la langue maternelle.

Plusieurs expressions araméennes sont conservées dans le texte grec du Récit de Mattiyahu, translittérées et parfois traduites par l'auteur lui-même : Matt. 27:46 en est l'exemple le plus notable.

ExpressionTranslittérationSignification
אֵלִי אֵלִי לָמָה שְׁבַקְתַּנִיEli Eli lama shavaqtaniMon El, mon El, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Matt. 27:46Citation de Tehillim 22:1Formule aramaisée du texte ibri
IV

Le grec

Le grec koiné — grec commun — était la langue de communication de l'Empire romain oriental. Il servait d'outil de communication inter-régional dans le commerce, l'administration et les échanges intellectuels.

C'est dans cette langue que l'ensemble du Récit de Mattiyahu nous est parvenu. Le grec employé n'est pas le grec classique littéraire, mais un grec vivant et populaire, fortement influencé par la Septante — la traduction grecque du Tanakh — et portant de nombreuses traces de la pensée ibri de ses auteurs.

V

Les expressions d'origine ibri

Plusieurs passages du Récit de Mattiyahu révèlent, sous leur surface grecque, une pensée et des tournures propres à l'ibri. Ces hébraïsmes sont d'une grande importance pour la traduction.

Expression grecqueTournure ibri sous-jacenteImplication pour la traduction
Malkeia tôn ouranôn (Malkuwt des Cieux)Circumlocution ibri évitant le Shem QadoshRendre par 'Malkuwt des Cieux', pas 'du Ciel'
'Heureux...' — Matthieu 5Forme des bénédictions ibri (ashrei)Respecter la structure de la béatitude ibri
Formules d'accomplissement Matt. 1:22Structure argumentative propre à la pensée ibriPréserver la formule intégrale sans abréviation
'Qu'il en soit ainsi' — amenTerme ibri conservé dans le grecConserver 'amen' sans traduction
VI

Conséquences pour la traduction

  • ·Privilégier la restitution de la pensée ibri lorsque le contexte permet de l'identifier avec suffisamment de certitude.
  • ·Tenir compte du texte grec transmis comme base de traduction, tout en cherchant l'arrière-plan linguistique ibri.
  • ·Signaler dans les notes les hébraïsmes significatifs qui influencent le sens du passage.
  • ·Conserver les termes araméens explicitement cités dans le texte, avec translittération et traduction.
  • ·Employer la forme ibri translittérée pour tous les termes définis dans le Lexique Officiel et le Milôn La Voie.
VII

Incidence sur le Milôn La Voie

Le Récit de Mattiyahu introduit plusieurs termes qui feront l'objet d'une entrée dans le Milôn La Voie :

TermeForme retenuePremière occurrence probable
Malkuwt des CieuxMalkuwt Ha-ShamayimMatt. 3:2
Béatitude / AshreiAshreiMatt. 5:3
AmenAmenMatt. 5:18
GéhenneGuéhinnomMatt. 5:22
Hallelou-YahHallelContextes liturgiques
HosannaHosha'naMatt. 21:9
Conclusion

Le contexte linguistique du Récit de Mattiyahu est celui d'un monde trilingue où l'ibri demeure la langue de référence scripturaire, l'araméen la langue populaire et le grec le vecteur de diffusion.

Cette réalité justifie pleinement l'approche adoptée par l'Édition La Voie : restituer la pensée ibri à travers le texte grec, conserver les termes essentiels dans leur forme originelle et accompagner le lecteur dans cette découverte par le Milôn La Voie et les notes de première occurrence.

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